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Le Dernier Khamsin des Juifs d’Egypte

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Editions Les Provinciales, 220 pages, avril 2019.

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Description

On a un peu oublié en France (l’a-t-on jamais bien su ?) la détermination avec laquelle les Juifs ont été expulsés d’Égypte en 1956 par Gamal Abdel Nasser, le « Raïs ». Tel n’était pas le cas de la jeune fille juive qui avait vu son monde au bord du Nil sombrer, et se retrouvait soudain à Londres « apatride » pour le raconter – mais à qui ? Dans le brouillard des rues, dans l’ennui ou l’indifférence des salles de cours qu’elle fréquentait, et dans la solitude des bibliothèques et des cahiers griffonnés à l’ombre de ses personnages, elle se trouvait hantée par les souvenirs des choses et des êtres disparus, non seulement sa jeunesse, sa famille, la société dorée encore « multiculturelle » du Caire, mais le peuple et la culture millénaire dispersés à jamais qui s’étaient découverts violemment comme les siens. Il y avait eu des Juifs depuis toujours en Egypte, il n’y en aurait plus guère : pour survivre à la dépossession de leurs biens, de leur profession, de leurs droits, de leur nationalité, surmonter le mépris soudain, les lynchages, l’arbitraire d’un régime et de sa police, et l’héritage de haine soigneusement entretenu, ils avaient dû quitter leur pays natal, laisser ce qu’il leur restait, leurs tombeaux et s’engager à ne jamais revenir dans ce pays, qui était pourtant « leur » pays… « les Pyramides lointaines, voilées un instant par les felouques glissant sur le fleuve, les fleurs jaunes ou mauves des jacarandas jonchant les trottoirs, les innombrables domestiques assis sur des bancs au seuil des immeubles de marbre, les doigts dans les orteils, les feuilles d’eucalyptus pendant aux branches comme des larmes au soleil, la lumière explosant dans l’air rare, éparpillant les paillettes du fleuve et ses odeurs stagnantes, et les faubourgs industriels, emplis de foule et de poussière, où des troupeaux de chameaux et chèvres immobilisaient des automobilistes dépoitraillés, les cheiks délirant au sommet des minarets, et à la limite de la ville, avant la fournaise du désert, l’univers de l’extrême déchéance, d’où surgissait parfois un enfant scrofuleux et nu allant fouiller des collines d’immondices… » « Derrière les vents paisibles, la persécution se déchaînait… » Car « les Juifs sont nos chiens », ainsi s’exprimait la propagande d’alors, mais en Europe on n’était pas prêt à entendre cela de la bouche des « apatrides », un peu comme une dizaine d’années auparavant, on n’avait pas voulu écouter non plus les voix de Katzetnik ou de Primo Levi. Le sommes-nous davantage aujourd’hui ? La jeune fille un peu nietzschéenne, redoutant d’être fouillée à la frontière, avait brûlé tous ses écrits avant de partir, et elle aura enseveli celui-ci, ce « roman » rédigé peu après cette déchirure, pendant plus d’un demi-siècle. Entre temps, elle se sera longuement investie dans des recherches harassantes pour comprendre ce qui s’était passé, devenant Bat Ye’or, « la fille du Nil » – mais c’était d’abord pour servir de matériau à son écriture romanesque qu’elle s’astreignit à explorer les mécanismes du jihad et les siècles de la dhimmitude, qui des rives du Nil jusqu’au cœur de l’Europe cette fois, exposent sous nos yeux la violence et les nécessités d’une civilisation oubliant toute mesure, jusqu’à éradiquer de ses territoires les témoins de sa propre origine et de son arbitraire. Il s’agit donc d’un nouveau crépuscule, « de ce côté de l’eau », où se bousculent encore une fois les spectres d’un passé qui ne veut pas mourir, tous ces personnages qui tambourinent à la porte et dont la mémoire ne s’apaiserait vraiment que d’obtenir justice, c’est-à-dire que leurs récits changent au moins le regard de leurs persécuteurs.

Informations complémentaires

Poids250 g